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FRANCE INTER

Allô c'est vous, c'est moi ! - Le 03/05/2006 - 06:47


NICOLAS STOUFFLET
Isabelle MONROZIER, bonjour Allô c'est vous, c'est moi et ce matin deux questions pour le prix d'une sur les déodorants.

AUDITRICE
Bonjour, Christine, ma fille de 13 ans veut utiliser du déodorant, où en sont les recherches au sujet d'un éventuel lien entre le cancer du sein et la présence de parabène ou de l'aluminium dans les déodorants ?

AUDITRICE
C'est Elisabeth, j'habite à Versailles, une collègue de travail m'a dit qu'une étude avait été réalisée il y a quelques mois en Angleterre, dénonçant le risque de cancer du sein lié à des particules d'aluminium, merci de vos éclairages.

ISABELLE MONROZIER
Alors une toute petite précision, les déodorants, tous les déodorants du marché ne contiennent pas forcément du parabène. C'est le cas de ceux du groupe UNILEVER par exemple. Et puis les anti transpirants, on dit aussi antiperspirants en anglais, ce sont eux qui contiennent des sels d'aluminium. Alors je vous propose la réponse du docteur Joseph GLIGOROV, il est oncologue à l'hôpital Tenon et il est spécialisé dans le cancer du sein.

DR GLIGOROV
La réponse c'est, pas de signal de danger de façon formelle, d'ailleurs je crois que la Commission européenne avait statué sur cet élément là, il n'y a pas très très longtemps, précisant qu'il n'y avait aucun argument scientifique et concluant permettant de dire aujourd'hui qu'il y avait un lien de cause à effet entre le parabène, l'aluminium et l'existence de cancer du sein. Mais cela n'empêche pas la Communauté scientifique de continuer à faire des recherches et d'essayer d'entériner définitivement une attitude qui serait de dire, il n'y a pas de danger ou éventuellement de soulever un problème qui existerait, mais qui ne serait, que, éventuellement hypothétique sur les quelques éléments qu'il y a aujourd'hui et de toute façon non démontré.

ISABELLE MONROZIER
Mais docteur quel lien peut-on faire et pourquoi entre le parabène, les particules d'aluminium, le cancer du sein et des déodorants ?

DR GLIGOROV
En fait l'histoire du parabène elle remonte à une vingtaine d'années. On avait mis en évidence qu'il y avait un petit peu plus de cancers du sein dans les pays industrialisés et que ces cancers du sein étaient situés un peu plus au niveau de l'aisselle ces derniers temps, par rapport à il y a une cinquantaine d'années ou une soixantaine d'années avec là aussi déjà un premier bémol. C'est que les études épidémiologiques il y a soixante ans, ou soixante dix ans n'étaient pas tout à fait les mêmes et de même ampleur que celles qu'on a actuellement. Peu importe, partant de cette hypothèse, les gens, ou en tout cas un certain nombre de scientifiques ont essayé de réfléchir à, quel est le lien entre la modification de la topologie du cancer du sein et la posalité. Il a été évoqué un certain nombre de produits, notamment les antiperspirants. Il se trouve que dans les antiperspirants, il y a du parabène, d'ailleurs dans d'autres produits aussi de cosmétologie, on peut en trouver. Et que, il a par ailleurs été montré que sur des modèles animaux et des modèles in vitraux qu'il pouvait y avoir l'existence de ces molécules et de l'aluminium directement au sein de cellules cancéreuses. Ce n'est pas parce qu'elles sont présentes que cela explique le cancer, encore une fois. Mais, si elles sont présentes, cela veut dire que le fait d'utiliser un produit dans un environnement immédiat de la glande mammaire peut potentiellement être intégré par la glande mammaire. Mais encore une fois ce n'est pas parce qu'il est intégré qu'il explique l'existence d'un cancer.

ISABELLE MONROZIER
En résumé qu'est-ce que vous leur dite à ces deux auditrices ?

DR GLIGOROV
On peut mettre des antiperspirants et la Communauté médicale et scientifique internationale aujourd'hui a de façon relativement consensuelle statué sur le fait qu'il n'y avait pas de démonstration qu'il y avait pas un lien de cause à effet entre l'utilisation de ces produits et l'existence de cancer. Mais les quelques articles, peut nombreux qui ont évoqué ce lien ont amené un certain nombre d'équipes à travailler dessus pour essayer de voir s'il y avait un lien de causalité et aujourd'hui les travaux sont en cours. Et on aura des réponses fermes et définitives, mais les premiers travaux ne nous permettent certainement pas de dire qu'il y a un risque clair plus important.

ISABELLE MONROZIER
Le docteur GLIGOROV qui rappelle que la première chose à faire pour une femme c'est de se faire suivre par un gynécoloque. FIN=

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